Vingt-deux!

Alerte!
Attention!
Indique un danger imminent.

L’origine de cette expression demeure incertaine, cependant, 3 explications apparaissent comme particulièrement plausibles:

  • Claude Duneton trouve l’origine de cette expression chez les linotypistes au XIXe siècle. En effet, la taille des caractères (dit le corps dans le jargon de l’imprimerie), pour former un texte, est habituellement de 9 ou 10. De ce fait le corps 22, destiné aux titres car de taille très importante, est tout désigné pour annoncer la venue du chef de manière anodine.

Charles Virmaître décrit cette locution comme suit:

Quand le compagnon placé le plus près de la porte voit entrer le prote [=chef d’atelier] dans l’atelier de composition, il crie: “vingt-deux!” synonyme d’attention. Quand c’est le patron, il crie “Quarante-quatre!” En raison de l’importance du “singe”, le chiffre est doublé (Argot d’imprimerie).

Dictionnaire d’argot fin-de-siècle (1894).

.

  • Cette expression trouverait son origine dans le transcodage du mot “CHEF” selon les numéros des lettres de l’alphabet et serait donc un signal d’alerte soit:
     C   H   E   F      3 + 8 + 5 + 6 = 22
  • Cette expression serait liée à l’arme favorite des voyous du XIXe siècle: le couteau de chasse de 22 centimètres dit “couteau d’arsouilles” (couteau de voyous). On retrouve d’ailleurs la trace de cet interjection argotique en 1837 dans le sens désuet de “poignard”. Dans le milieu de la pègre l’expression “vingt-deux!” signifierait qu’une rixe est en vue et qu’il faut sortir le couteau.

Charles Virmaître en fait allusion dans son Dictionnaire d’argot fin-de-siècle (1894) en ces termes:

Vingt-deux: couteau.
“Jouer la vingt-deux”, donner des coups de couteau.

Depuis 1888, cette expression est souvent associée au mot “flics” (“vingt-deux (22) v’la les flics”) pour alerter de l’approche de la police et fuir avant d’être vu ou éviter de se faire prendre.

En savoir plus :

5 Réponses à “Vingt-deux!”

  1. Jacques écrit:

    Bonjour,

    on m’avait donné l’explication que 22 était une déformation de vain dieu …
    qu’en pensez-vous ?

  2. Laurence écrit:

    Effectivement j’avais aussi rencontré cette explication mais l’origine me semble contestable. En effet “vain dieu” serait une homonymie de “vingt dieux” mais ce juron blasphématoire, apparu en 1920, s’emploie surtout pour marquer l’étonnement, il est l’équivalent de “mon dieu!!” et n’a donc, à mon sens, aucun lien avec un signal d’alerte comme l’est “vingt-deux!”.

    Ceci dit il est vrai que l’on peut être surpris de voir la police arriver de manière inopinéé au point de s’écrier “vain dieu, v’la la police!” ;-)

    Pour plus d’information sur “vingt dieux” et “vain dieu”, vous pouvez consulter Vingt dieux, la belle église ! sur Francparler.com

  3. hollynetv3 écrit:

    bonjour,
    j’ai vu quelque part qu’une grand-mère disait à son petit fils que l’ancien numéro de tel pour appeler la police était le 22 (pas à Asnière !) remplacé depuis comme chacun sait par le 17. Un(e) ancien(ne) pourrait-il (elle) le confirmer ?

  4. blueman1966 écrit:

    Bjour,
    Alors, il s’agirait effectivement d’une histoire avec les flics.
    En effet, durant un certain moment, entre les 2 guerres mondiales, les flics avec des vestes, ou des vareuses, qui possédaient des boutons en cuivres au nombre … de 22.

  5. dogman1996 écrit:

    J’ai recherchais sur se site l’expression ” se mettre sur son séant”, et on m’a dit qu’il n’y avait pas de définition pour ce genre d’expression. Je voudrais savoir pourquoi. Merci d’avance chers conjoints,votre ami dogman.
    PS: Cette expression est dans L’Iliade et L’Odyssée.

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