Vendre / Donner son âme au diable
Faire quelque chose d’impardonnable par intérêt.
Compromettre son salut, sa liberté ou sa dignité par intérêt.
Se renier pour obtenir satisfaction.
L’expression “donner son âme au diable” (XIXe siècle), d’abord connue sous la forme “vendre son âme au diable” (XVIIe siècle), fait référence aux croyances médiévales lorsque tout ce qui paraissait extraordinaire était attribué à l’œuvre du Malin.
Au Moyen-Âge, la religion, très importante et régissant la vie quotidienne des personnes, répandait volontiers un message terrifiant sur la puissance de Dieu et du diable, attribuant à ce dernier tous les actes et les faits négatifs, curieux, hors- normes, inconnus de notre culture ou païens. A cette époque, on pensait en outre, qu’il était possible de faire un pacte avec le diable afin d’obtenir des pouvoirs ou des privilèges terrestres extraordinaires; ce pacte consistait à signer de son sang un acte dans lequel on reconnaissait se damner éternellement en échange des privilèges convoités (on abandonnait donc son âme à Méphistophélès, se condamnant à l’enfer post-mortem pour profiter d’une vie terrestre améliorée).
C’est ainsi qu’à cette époque, les voyants, astrologues, magiciens, sorciers, gitans, thérapeutes divers et variés, et bien d’autres encore, ont été pourchassés, enfermés, torturés et trucidés au nom de Dieu et de LA seule croyance divine acceptable.
On retrouve ces pratiques de l’époque dans la littérature, par exemple:
- dans le roman “Notre Dame de Paris” de Victor Hugo, où Esméralda, bien qu’innocente, mais d’une trop grande beauté, se fait emprisonner et martyriser par l’archidiacre de la cathédrale Notre-Dame. Fou amoureux et rendu furieux par les refus de la gitane, il verra en elle une tentation du diable et l’accusera du meurtre du capitaine Phoebus. Il n’aura alors de cesse de la pourchasser pour ne plus avoir à se torturer intérieurement pour faire taire son désir coupable et la conscience de ses crimes.
- dans le mythe de Faust de Goethe, où le vieux docteur vend son âme au diable en échange d’une nouvelle jeunesse.
Actuellement l’expression “vendre son âme au diable” ne signifie plus, évidemment, que l’on signe un pacte avec Satan, mais elle s’applique aux personnes qui n’hésitent pas à renier leur propre sang, leur dignité, leurs biens ou leur liberté en échange de choses convoitées, même si elles ne peuvent être, parfois, que temporaires ou dérisoires.
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mars 19th, 2008 à 19:31
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