Valoir son pesant d’or
En parlant d’un objet: être très précieux.
En parlant d’un sujet, d’une information: avoir un grand intérêt.
En parlant de quelqu’un: avoir de grandes qualités pratiques, être très utile.
L’expression “valoir son pesant d’or”, attestée dès 1538, n’a pas d’origine clairement définie; plusieurs hypothèses sont avancées pour tenter d’en expliquer la source:
- Gilles Henry, dans son “Petit dictionnaire des expressions nées de l’histoire”, fait référence à la monnaie byzantine, le besant. Cette monnaie se déclinait sous deux formes: le besant d’or et celui d’argent; quelque chose avait une grande valeur lorsqu’il coûtait un besant d’or. Ce serait par analogie avec l’action de peser que le b de besant se serait transformé en p, donnant alors le mot pesant. L’expression serait alors passée naturellement de “valoir son besant d’or ” (qui n’est pas attestée cependant), à “valoir son pesant d’or” pour désigner quelque chose ou quelqu’un de très précieux, de grande valeur, de grande importance ou de très utile.
- D’autres, comme Michelet, soutiennent que cette locution viendrait simplement de la coutume qui consistait à acheter les prisonniers en payant leur poids en or. De fait , une première expression, sortie d’usage actuellement, allait dans ce sens puisque vers 1155, d’après Alain Rey, on disait “acheter quelque chose son pesant d’or”.
On retrouve cette idée de rachat d’un prisonnier chez divers auteurs:
“Pesant. - Valoir son pesant d’or.Cette expression, dont on se sert en parlant d’une personne recommandable par ses bonnes qualités ou d’une chose à laquelle on attache beaucoup de prix, fait allusion, dit Michelet, à la forme primitive du wehngeld ou composition [c’est le nom qu’on donnait à la somme taxée par les lois pour la réparation des crimes.] Le meurtrier devait contrepeser d’or le cadavre, donner un homme d’or pour celui qu’il avait tué; et, quand ce poids ne suffisait point pour apaiser les parents de la victime, il était quelquefois obligé de l’augmenter, selon leur exigence. […] Ce qui se fesait pour racheter un meurtrier ou un criminel, se fesait aussi pour se racheter ou pour racheter quelqu’un d’une maladie. On offrait à Dieu ou à quelque saint le poids du malade en or, ou en argent, ou en cire.”
Pierre-Marie Quitard, “Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales des autres langues”, 1842.
“Pèse ou Pèze, s.f. : Résultat d’une collecte faite entre voleurs libres au profit d’un voleur prisonnier; résultat pesant.”
Delvau, “Dictionnaire de la langue verte“, 1867
Ce qui est sûr, c’est que quelque soit l’origine, l’expression “valoir son pesant d’or ” a toujours le même sens : avoir de la valeur. Cette notion se retrouve d’ailleurs avec humour dès 1695 dans le dictionnaire de Furetière:
“Pesant, […] On dit proverbialement d’un homme qu’on veut louer, qu’il vaut son pesant d’or; & de celuy qu’on veut railler, qu’il vaut son pesant de plomb.”
Antoine Furetière, “Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois”, 1695.
On dit aussi actuellement pour se moquer que quelque chose qui n’a aucune valeur ou qui est ridicule qu’il “vaut son pesant de cacahuètes, de moutarde …”
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