Toucher le pactole / Posséder le pactole
Recevoir des richesses ou des profits importants / Être très riche.
L’expression “Toucher / Posséder le pactole” tire son origine de la mythologie grecque: le fleuve Paktôlos, dont le nom vient d’un dieu qui s’est suicidé en ses eaux, est devenu aurifère lorsque Midas s’est plongé dedans pour se rincer de la magie qui le possédait; en effet, Midas avait le don de pouvoir transformer en or tout ce qu’il touchait mais ce pouvoir devint vite un maléfice car Midas ne pouvait plus ni se nourrir, ni se désaltérer.
L’utilisation de pactôle pour désigner une source abondante de richesses et de de profits est attestée dès 1698 mais ce terme entrera vraiment dans les expressions courantes qu’au XIXe siècle.
Louis Marius Eugène donne une définition très détaillée de cette expression en 1899.
“Pactole, nom géographique.
Petite rivière de Lydie, qui charriait de l’or.
S’appelait aussi Chrysorrhous, mot fait comme Ariège (aurigera), ou comme Rio de la Plata, rivière de l’Argent.[…]
- Sorti du mont Tmolus, le Pactole passait à Sardes et tombait dans l’Hémus. Son nom ancien était dû à un sable chargé de paillettes d’or qu’il charriait, et qui avait si prodigieusement enrichi “Crésus“. D’après la Fable, il était aurifère depuis que Midas s’y était baigné.
- Posséder le Pactole: être très riche.
On emploie aujourd’hui avec la même valeur les mots: Californie, Eldorado, “Pérou“, Ophir, etc.
L’Eldorado est un pays imaginaire que l’Espagnol Martinez prétend avoir découvert dans l’Amérique Méridionale, et qu’il avait nommé ainsi à cause de l’immense quantité d’or et de pierres précieuses qu’il disait avoir vue dans Manoa, capitale de la contrée.
- L’écriture fait mention d’un pays d’Ophir, où les flottes d’Hiram, roi de Tyr, et celles de Salomon, allaient tous les trois ans, et d’où elles rapportaient quantité d’or. Les interprètes de l’Ecriture, ne sachant où placer ce pays d’Ophir, l’ont vainement cherché tour à tour en Asie, en Afrique, en Amérique. Josèphe dit qu’il s’appelait “La Terre d’Or”. On croit que c’est la Californie.”
Louis-Marius-Eugène Grandjean, “Dictionnaire de locutions proverbiales”, tome II, 1899
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