Tomber en quenouille
Être laissé à l’abandon.
Se dit de quelque chose qui perd sa valeur ou sa force.
La quenouille est un attribut typiquement féminin d’antan, c’est un bâton dont l’extrémité est garnie de laine, de chanvre ou de lin destinés à être filés. En effet, au Moyen Âge, le travail du filage de la laine avec le rouet et la quenouille était dévolu exclusivement aux femmes.
Le mot quenouille entre dans l’expression “tomber en quenouille”, dès le XVIe siècle, en désignant un domaine qui passe par succession dans les mains d’une femme. La quenouille étant un symbole féminin. Par extension, en 1913, la locution “tomber en quenouille” se dit en parlant d’une chose qui perd sa valeur.
Peut-être que cette deuxième signification (la seule qui perdure actuellement) est-elle due à la piètre qualité de gestionnaire reconnue aux femmes à cette époque… Ainsi un bien légué à une femme devait-il forcément se dévaluer et donc “tomber en quenouille”. La quenouille a donc très vite été le symbole de caractères réputés alors typiquement féminins: la faiblesse et la déchéance.
De nos jours si l’expression “tomber en quenouille”‘ désigne toujours quelque chose qui est abandonné son lien direct avec la femme a été, heureusement, oublié!
En savoir plus:





novembre 7th, 2006 à 14:56
Au moyen âge, le fait pour un fief de tomber en quenouille n’avait rien de péjoratif, on signalait juste que le domaine n’avait plus de dirigeant mâle, ce qui est fort ennuyeux quand , dans une société divisée entre ceux qui travaillent, ceux qui prient et ceux qui se battent, voilà que vient à manquer l’élément qui protège.
Quand un fief tombait en quenouille, il appartenait donc à son suzerain de lui trouver un nouveau protecteur, ce que l’on faisait généralement en mariant l’héritière avec un chevalier méritant et peu argenté, par exemple un cadet de grande famille.
Il ne faut pas par anachronisme y voir du "machisme". Une femme à la tête d’un fief risquait bien de se faire enlever et épouser par le premier soudard venu, qui devenait alors seigneur des lieux.
Le suzerain agissait ainsi pour, c’est vrai, garder le fief dans sa sphère d’influence, mais également pour protéger l’héritière et ses féaux.
novembre 7th, 2006 à 15:57
Il n’y a pas, dans cette explication, de volonté absolue de voir un caractère machiste dans le fait que la quenouille est un attribut typiquement féminin.
La position de la femme n’était pas aussi idyllique que vous semblez le dire et cela dura plusieurs siècles … le droit de vote accordé aux femmes n’est pas si vieux. Pardonnez moi, mais le fait de vouloir protéger la veuve et l’orphelin me semble dérisoire à côté de l’envie du suzerain de sauver ses terres!
Cependant, il est vrai que, comme le dit l’explication, le caractère péjoratif de l’expression n’est apparu qu’en 1913. Mais tous les auteurs consultés s’accordent à dire que c’est sans doute à cause de la position de la femme, peu avantageuse depuis des siècles, que l’expression “tomber en quenouilles” désigne actuellement quelque chose de dévalorisé.
De plus Gilles Henry précise que, dès le XVIe siècle, la quenouille étant une occupation exclusivement féminine, on commença à dire avec mépris: “Aller filer votre quenouille!” … et cette locution, peu gracieuse, est de la même époque que la précédente ce qui montre bien que la femme était peu considérée.
janvier 27th, 2007 à 18:41
A vérifier : dans un arbre généalogique, à l’époque où beaucoup de prénoms étaient indifféremment masculins ou féminins (cf "Anne"), on notait parfois les mâles par une petite épée et les femmes par une petite quenouille. Une "maison tombée en quenouille" (expression courante) serait une "branche" qui se termine… par une femme, donc cf explications antérieures.
avril 1st, 2007 à 11:20
Cette expression a été aussi utilisée pour justifier la "future" loi salique, au moment de la crise de succession qui a suivi la mort de Charles IV le Bel (1328) : "la France est un trop noble royaume pour tomber en quenouille".