Tomber dans le troisième dessous
Subir un échec cuisant.
Tomber plus bas que terre, être dans une situation lamentable.
Être dans la misère.
“Tomber dans le troisième dessous”, cette expression trouve son origine dans le théâtre. En effet l’Opéra possédait trois étages de sous-sols respectivement appelés premier, deuxième et troisième dessous. Ces étages servaient à recevoir, les machines, les machinistes et les accessoires comme le dit Honoré de Balzac.
“Disons-le, peut-être à l’étonnement de beaucoup de gens, il n’est pas de langue plus énergique, plus colorée que celle de ce monde souterrain qui, depuis l’origine des empires à capitale, s’agite dans les caves, dans les sentines, dans le troisième-dessous des sociétés, pour emprunter à l’art dramatique une expression vive et saisissante. Le monde n’est-il pas un théâtre? Le Troisième-Dessous est la dernière cave pratiquée sous les planches de l’Opéra, pour en receler les machines, les machinistes, la rampe, les apparitions, les diables bleus que vomit l’enfer, etc.”
Honoré de Balzac,”Splendeurs et misères des courtisanes”, IVe partie (la dernière incarnation de Vautrin), “Essai philosophique, linguistique et littéraire sur l’argot, les filles et les voleurs”
Dès le XIXe siècle, l’habitude s’est prise de dire d’une pièce qui était un échec qu’elle était “tomber au troisième dessous”…c’est à dire qu’elle ne pouvait pas tomber plus bas. Avec le temps cette expression s’est appliquée à toutes sortes de situations d’échecs avec une forte notion de destruction morale et/ou d’atteinte de la dignité humaine.
Notons qu’actuellement on parle aussi de “tomber dans le trente-sixième dessous” sans doute pour renforcer l’idée d’anéantissement contenu dans la première expression en lui procurant une image de chute vertigineuse.
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