Se faire tirer l’oreille / Se faire tirer les oreilles

Se faire prier, être réticent / Se faire réprimander

  • L’expression “se faire tirer l’oreille” fait référence à l’époque romaine et plus précisément à une pratique d’usage dans les tribunaux: lorsqu’un témoin, citait par un plaignant, se montrait récalcitrant à comparaître il pouvait être, physiquement,traîné par les oreilles devant la cour. Cette coutume se retrouve dans un article d’une loi romaine en ces termes: “Si tu veux, qu’il se rende à ton appel, atteste-le; s’il ne s’y rend pas, prends-le par l’oreille.”
  • L’expression, déjà d’usage au temps de Molière, existe encore mais avec un sens affaibli puisqu’elle s’adresse à quelqu’un qui ne cède pas facilement, qui résiste à une proposition ou une obligation ou qui met de la mauvaise volonté à accomplir quelque chose.

    - Alcidas -
    (lui présente encore deux épées.)
    Allons, Monsieur, faites les choses galamment, et sans vous faire tirer l’oreille.

    - Sganarelle -
    Encore ?

    - Alcidas -
    Monsieur, je ne contrains personne; mais il faut que vous vous battiez, ou que vous épousiez ma soeur.

    Molière, “Le mariage forcé”, scène XVI (comédie en un acte), 1664

    • L’expression “se faire tirer les oreilles”, partie de la même origine que la précédente, signifie plus exactement se faire réprimander (lorsque l’on a oublié quelque chose par exemple).

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