Rester en carafe

Rester court (en parlant d’un orateur).
Rester en plan.

“Rester en carafe” est une expression populaire de 1896. Son origine se trouve dans le sens argotique du mot carafe, c’est à dire “bouche”. Ce terme ainsi défini se retrouve dans divers dictionnaires d’argot d’époque comme:

  • en 1880, dans le Nouveau supplément du “Dictionnaire d’argot” de Lorédan Larchey:

Carafe: gosier, jargon des voyous- On y verse l’eau et le vin comme dans la carafe.”

  • en 1907 dans le Dictionnaire argot-français de Léon Hayard (1851-1903) dit Napoléon Hayard, l’empereur des camelots:

Carafe,coco, cornet” : Gorge, gosier.

A l’origine, cette expression se disait en parlant d’une personne qui restait bouche bée lors d’une allocution suite à un trou de mémoire, on disait alors dans l’argot populaire: qu’il était “en carafe”.

Plus tard cette signification s’est étendue à toutes les situations où la personne reste “plantée là ” sans recours possible. On retrouve d’ailleurs ce sens dans le vocabulaire des cyclistes où “rester en carafe” se dit lorsqu’un concurrent est victime d’une crevaison, que la voiture du directeur sportif ne le dépanne pas et qu’il ne lui reste que la solution de prendre la voiture-balai pour rejoindre l’arrivée.

Michel Lis et Michel Barbier précise dans Franc-Parler que Le Littré donne une expression plus complète:

” “C’est une vraie carafe d’orgeat”. On sait que le sirop d’orgeat (décoction d’orge additionnée d’une émulsion d’amandes dont on fait, allongée d’eau et enrichie de glaçons, une boisson méditerranéenne hygiénique et rafraîchissante) présente une apparence lourde, un peu visqueuse. Ici, donc, orgeat alourdit encore l’idée de carafe”

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