Payer en monnaie de singe

Payer en fausse monnaie ou en paroles moqueuses.
Faire des plaisanteries au lieu de payer.

Au Moyen-Age, du temps du roi Louis IX, le pont qui reliait l’île de la Cité à la rue Saint-Jacques, dit Petit Pont était payant.

Certains corps de métiers référencés dans “le Livre des métiers” (1568) d’Etienne Boileau, en étaient cependant dispensés. Ces personnes, jongleurs, bateleurs, montreurs d’animaux ou forains devaient cependant s’acquitter d’un numéro de spectacle devant le “douanier”. Pirouettes, plaisanteries ou grimaces (digne du singe) tenaient alors lieu de paiement.

Pierre-Marie Quitard définit comme suit l’expression “payer en monnaie de singe” dans son “Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes” édité en 1842:

“Payer en gambades” ou “en monnaie de singe”
Cette locution est venue de ce que, dans un tarif fait par Saint Louis pour payer les droits de péage qui étaient dus à l’entrée de Paris sous le petit Châtelet, les jonlgleurs étaient exempes de payer en fesoient jouer et danser leurs singes devant le péager. Voici les propres termes de ce tarif:
“Li singes au marchant doibt quatre deniers, se il par vendre la porte; se li singe est à homme qui l’aist acheté par son déduit, si est quittes, et se il singe est au joueur, jouer en doibt devant le péagier, et par son jeu doibt estre quites de toute la chose qu’il achète à son image et aussitôt le jongleur sont quite par un ver de chanson”.
(Establissements des métiers de Paris par Estienne Boileau, chapitre Del plage de Petit Pont)”
Les mots qui terminent ce passage curieux donnent aussi l’origine de cette autre expression proverbiale “payer de chansons” ou “en chansons”.

De cette tradition est restée l’expression encore utilisée de nos jours “payer en monnaie de singe” pour signifier que l’on paye avec de la fausse monnaie ou en paroles moqueuses.

En savoir plus:

2 Réponses à “Payer en monnaie de singe”

  1. rotko écrit:

    Belle explication, merci ! on peut donc dire que le renard paie le camembert du corbeau en "monnaie de singe". L’idée première du faussaire, discret sans doute, que j’avais, s’enrichit donc des grimaces du singe devenu cynique, moqueur et sans doute adulé du public ! Superbe, et amusant ! J’y vois maintenant une petite farce digne de Panurge.

  2. Rose écrit:

    Votre site est très interressant. Merci et Continuer ce site.

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