Mettre au violon
Mettre en prison.
“Mettre au violon” est une expression qui date de 1790 Charles Rozan nous donne l’explication et l’origine de cette locution dans ses Petites Ignorances de la Conversation.
Mettre au violon
Autrefois on disait: mettre au psaltérion. Le psaltérion était aussi un instrument à cordes dont on jouait avec un archet; mais ce n’est pas avec cette signification qu’il était employé dans l’expression qui nous occupe: psaltérion signifiait là psautier. « Mettre au psaltérion», c’était donc mettre au psautier, mettre en pénitence, en un lieu où l’on a le temps de méditer, et de se repentir, et de réciter une sept-saumes sans risque de se voir interrompu…
« Le peuple, dans son humeur gauloise, profita de l’équivoque, et, voyant le psaltérion passé de mode, y substitua le violon, qui était devenu le roi des instruments. Au lieu de dire mettre au psaltérion, il dit mettre au violon, et le calembour fut sauvé»
Dans cette explication, le violon vient de loin; on le trouve plus directement rattaché à la prison dans les Galeries du palais de justice de Paris. L’origine que M. Génin a cherchée dans les mots, M. Am. de Bast l’a demandée aux faits:
« La prison du bailliage du Palais servait spécialement à enfermer les pages, valets, etc., qui troublaient trop souvent, par leurs cris et leurs jeux, les audiences du parlement. Dans cette prison, il y avait un violon destiné à charmer les loisirs forcés des pages et laquais qu’on y renfermait pendant quelques heures. Ce violon devait être fourni, par stipulation de bail, par le luthier des galeries du Palais. C’est de cet usage, qui remonte au temps de Louis XI, qu’on a appelé violons les prisons temporaires annexées à chaque corps de garde de la ville»
Notons pour mieux comprendre cette explication quelques définitions:
- psaltérion: mot connu depuis 1240 est désignant les cithares de l’Antiquité et de l’Europe médiévale.
- psautier: mot existant depuis 1215, il est l’aboutissement de psaltier emprunté au bas latin psaltérium soit “recueil de psaumes”, qui avec un autre sens, a été adapté en psaltérion. Le mot désigne le livre des psaumes, puis, dès 1690, un chapelet monastique contenant autant de grains qu’il y a de psaumes cependant ce dernier sens n’est plus d’usage actuellement.
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juin 14th, 2006 à 15:09
intéressant !
mais du coup ca n’a plus grand rapport avec la musique finalement !