Mener une vie de patachon
Mener une vie désordonnée, instable ou mouvementée.
Pour comprendre cette expression il faut faire un petit saut dans le passé, au temps des bateaux et des diligences. Alain Rey nous explique dans son Dictionnaire Historique de la Langue Française que le mot patache (1573) est emprunté à l’espagnol pataje et désigne un bateau de guerre léger servant à la surveillance. Le mot espagnol est sans doute lui-même emprunté à l’arabe batas (bateau à deux mâts) qui serait un emploi substantivé d’un adjectif signifiant “rapide”. Par la suite le terme patache a désigné divers bâtiments légers. Depuis la fin du XVIIIe siècle, il désigne, par analogie, une mauvaise diligence à deux roues, mal suspendue et bon marché (1793) et par la suite tout mauvais véhicule (1892).
Claude Duneton nous donne l’origine de l’expression dans son livre La Puce à l’Oreille. Le patachon se trouvait être le conducteur de ces diligences inconfortables, les pataches. On lui prêtait une vie instable et dissolue, pleine de vices, de débauches et de voyages d’où la naissance de l’expression “mener une vie de patachon”, dès 1898, en rapport avec la vie attribuée à ces cochers. Notons que le terme patachon est apparu en 1832 et qu’il n’existe plus de nos jours que dans cette locution.
Patachon, substantif masculin. Conducteur de patache. Ce n’est qu’au XIXe siècle que l’on connut les pataches, sortes de vieilles guimbardes sans ressorts, cachées, inconfortables, qui servaient de diligences aux pauvres et aux régions peu huppées. Leur conducteur était le patachon, toujours sur les routes, par monts et par vaux, buvant sec à toutes les tavernes pour se donner l’illusion de conduire un carrosse. D’où l’expression “Mener une vie de patachon” : Mener une vie instable, mouvementée et dissolue…
Claude Duneton, “La puce à l’Oreille”
En savoir plus:
octobre 21st, 2006 à 18:52
"Notons que le terme patachon est apparu en 1832 et qu’il n’existe plus de nos jours que dans cette locution."
Le terme de patachon a parfaitement survécu aux transports hippomobiles puisqu’il a été utilisé par les chemins de fer pour désigner un train de marchandises, soumis à un horaire régulier, livrant et reprenant potentiellement un ou quelques wagons à toutes les gares. Ce service n’intèresse plus la SNCF. Lorsque des wagons sont délivrés à l’unité c’est par train spécial, et le terme a disparu, mais seulement depuis que ce genre de transport est quasi exclusivement fait par camion, soit depuis une vingtaine d’années. Il existe des vieux cheminots qui l’emploient encore, mais ils parlent du passé.
L’un d’eux m’a raconté, pas plus tard qu’hier, que membre de l’équipe de conduite d’un de ces trains, lors des attentes en bout de parcours, avant le retour, ils avaient l’habitude d’aller boire un coup à un bistrot voisin. Comme c’était au temps de la vapeur et qu’ils étaient en tenue de travail souillée de charbon, l’un d’eux avait, un jour, lancé l’idée d’aller faire la quête à la sortie de la messe où, ils n’avaient eut aucun mal à se faire passer pour des mendiants et remplir leurs casquettes.
La vie de patachon, laisse de bons souvenirs.
janvier 18th, 2007 à 11:17
Bon une fois de plus j’aurai du parier une bouteille de champ!!!
Allez sans rancunes…!!!!
Bisous