Marquer une date / un jour d’une pierre blanche

Garder la mémoire d’une date pour son caractère faste ou exceptionnel.
Date ou jour mémorable.

Cette expression trouve son origine dans le langage des couleurs et des pratiques culturelles très anciennes.

En effet, le blanc reste la couleur de la beauté, la propreté, la pureté. Le blanc c’est le bonheur, la lumière contrairement au noir qui souligne l’obscurité, le malheur, la négation. Il est donc normal qu’un événement heureux “se marque d’une pierre blanche” sur le calendrier.

Depuis longtemps dans de nombreuses contrées les pierres blanches et noires ont un rôle particulier, en voici quelques exemples:

  • En Crête, l’usage veut que l’on marque les jours heureux par des cailloux blancs et les jours néfastes par des cailloux noirs.
  • Dans l’antiquité les membres d’un jury exprimaient leur jugement en déposant devant eux un caillou blanc pour l’acquittement ou un caillou noir pour l’inculpation du jugé.
  • Il paraîtrait que dans la philosophie tibétaine les cailloux blancs marquent les pensées positives et les noirs les idées négatives.
  • Il existe une coutume hébraïque qui veut que l’on dépose un caillou blanc sur la tombe d’un Juif lorsque que l’on s’y est incliné.

Autrefois, on disait “marquer d’un caillou blanc” comme le décrit Pline l’ancien dans son Histoire naturelle:

XLI. (XL.) (1) De toutes les nations de l’univers la plus éminente par sa vertu a été la nation romaine; cela n’est sujet à aucun docte. Mais quant à juger quel homme a joui du plus grand bonheur, nul ne le peut car les uns déterminent le bonheur d’une façon, les autres d’une autre, et chacun d’après ses propres sentiments. Si nous voulons porter un juste jugement, et prononcer en laissant de côté toutes les illusions de la fortune, nul mortel n’est heureux.

(2)La fortune a été favorable et bonne à celui dont on peut dire avec raison qu’il n’a pas été malheureux. En effet, pour ne pas parler du reste, toujours est-il que l’on craint les infidélités du sort: cette crainte une fois admise, il n’y a plus de félicité solide. Ajoutez qu’aucun mortel n’est sage à toutes les heurs; et plût au ciel que le grand nombre des mortels sentît en soi de quoi démentir cet oracle! L’humanité fragile et ingénieuse à s’abuser elle-même compte à la mode des Thraces, qui mettent dans une urne des cailloux de diverses couleurs, suivant l’heur ou le malheur de la journée, et qui, faisant le calcul des uns et des autres au jour de la mort, prononcent ainsi sur le résultat de la vie.

(3) Mais ce jour signalé par un caillou blanc n’a-t-il pas été la source de malheurs? Combien ont été victimes des commandements dont ils avaient été revêtus, combien ont été perdus par leurs biens mêmes, et livrés au dernier supplice! Car on nomme des biens ces objets qui ont procuré une heure de plaisir. Il faut s’y résigner: c’est le lendemain qui juge la veille, et c’est le dernier jour qui les juge tous; aussi ne faut-il se fier à aucun. Observez encore que les biens ne seraient pas égaux aux maux, quand même ils seraient égaux en nombre: est-il une seule joie qui vaille le moindre chagrin? Calcul vain et déraisonnable! on compte les jours, il les faudrait peser.

Pline l’ancien, Histoire naturelle (livre 7)

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2 Réponses à “Marquer une date / un jour d’une pierre blanche”

  1. yanis écrit:

    c’est cool

  2. aura écrit:

    interessant!

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