La montagne qui accouche d’une souris

Disproportion entre l’entreprise d’un projet prodigieux et l’insignifiance du résultat final.

Cette expression se retrouve dans la fable de Jean de La Fontaine “La montagne accouche”.

Une Montagne en mal d’enfant
Jetait une clameur si haute,
Que chacun, au bruit accourant,
Crut qu’elle accoucherait sans faute
D’une cité plus grosse que Paris :
Elle accoucha d’une Souris.
Quand je songe à cette fable,
Dont le récit est menteur
Et le sens est véritable,
je me figure un auteur
Qui dit : « je chanterai la guerre
Que firent les Titans au maître du tonnerre. »
C’est promettre beaucoup : mais qu’en sort-il souvent ?
Du vent.

Cependant Rabelais en avait parlé bien avant en s’inspirant d’un vers grec d’Horace (Art poétique,vers 139):

Parturient montes, nascetur ridiculus mus
Les montagnes seront en travail, il en naîtra une souris ridicule.

Il est à noter que l’étude du mot marmotte sur le site lexilogos nous laisse perplexe vis à vis de cette expression. En latin “marmotte” se dit “mus montis” (la souris de la montagne), du coup ne peut-on imaginer que Horace ait voulu parler d’une marmotte dans son vers et non d’une souris? Ce qui en outre serait fort logique…

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