Faire un tabac

Avoir un franc succès.

L’expression “faire un tabac“, attestée depuis 1950 environ, vient de la locution en argot du théâtre, “avoir un gros tabac” (1901), pour “avoir un franc succès”. Le sens de “être très applaudi” se retrouve dans l’évolution du mot tabac.

En effet, tabac est à rapprocher ici, du mot tabasser issu du radical tabb- exprimant l’idée de “frapper”. On retrouve cette notion dès le XIIIe siècle, dans de nombreux dialectes tel que l’occitan tabastar pour frapper, secouer. En 1802, tabac devient un terme argotique désignant un coup sur le nez, puis une volée de coups, idée que l’on retrouve dans la locution passer à tabac (1879) pour “rouer de coups”. Parallèlement à cette dernière expression, la marine utilise la notion de violence et de brutalité soudaine du mot tabac dans l’expression “un coup de tabac” (1864), pour désigner une tempête soudaine qui endommage la coque des bateaux.

Rappelons que Tabasser donne, dès le XIIIe siècle, tabastar (frapper, secouer) dans les dialectes occitans et provençaux, puis, vers 1400, tabust en français (bruit, tumulte) et, vers 1410, tabuster (battre, frapper). Ce serait ensuite par une filiation sémantique de “bagarre” vers “tapage”, puis “bruit”, que tabac se serait alors étendu au sens de”applaudissement” (peut-être, suggère Alain Rey, par allusion aux coups frappés lors des applaudissements). Il se pourrait que ce soit la similitude du bruit provoqué par le tonnerre et les salves d’applaudissements qui, vers 1900, serait à l’origine de l’expression “faire un tabac” pour ” faire un succès” sous un tonnerre d’applaudissement, signification toujours actuelle.

Soulignons que la locution “faire un tabac” est, de nos jours, sortie du monde du spectacle pour se populariser et remporter, elle-même, un franc succès.

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