Faire la sainte Nitouche

Jouer les femmes chastes et innocentes.
Par extension, cacher ses défauts pour se donner un air innocent.

Cette expression se comprend sans plus d’explication:“faire la sainte Nitouche” c’est ce donner un air de “ne pas y toucher”, d’ “affecter l’innocence”. Il y a dans cette phrase (toujours péjorative à l’encontre de la personne visée) une idée de fausseté, d’hypocrisie reconnue par tous et montrée du doigt.

A noter qu’ “en 1672, Gilles Ménage note doctement : « Nitouche est une corruption de “œn’y touche”, composé de la particule “œne”, de l’adverbe local “œy”, et de “œtouche” impératif ou indicatif du verbe “œtoucher””.

Cependant d’où peut provenir cette expression?

Une sainte est une personne qui a eu une vie exemplaire, qui, toute sa vie, a observé l’évangile tant moralement que religieusement et qui a été canonisée. Cette femme a donc vécu selon des préceptes de vertu, de prières et de respects de son contemporain. Sa vie se tournait vers les autres et non vers son propre plaisir. Une sainte n’approcherait donc pas les plaisirs de la chair, elle se consacrerait uniquement aux nourritures morales et spirituelles.

Ainsi par opposition à cette personnification de la perfection, une “sainte Nitouche” est une femme qui se veut être innocente, irréprochable et vertueuse bien que tout le monde connaisse sa véritable nature. Sainte Nitouche, qui n’existe pas, se trouve être la sainte patronne de tous ceux qui jouent les prudes!

L’expression “faire la sainte Nitouche” apparaît et sera popularisée dès 1534 par Rabelais dans “Gargantua”:

Les uns cryoient: Sainte Barbe!
les autres: Sainct Feorges!
les autres: saincte Nytouche!

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