Faire des pataquès
Faire de grossières erreurs de langage notamment de liaison.
Faire un discours dithyrambique, incompréhensible et confus.
Faire une action maladroite et intempestive: une gaffe.
“Faire des pataquès” consiste à faire des erreurs de liaisons, faire entendre une consonne qui n’existe pas dans le mot ou qui ne doit pas être entendue comme dans ces exemples:
- Cent-z-euros.
- Entre quatre-z-yeux
- “Malbrough s’en va -t-en guerre” célèbre chanson qui contient des perles de “pataquès”.(Pour information cette chanson française se moque du britannique Lord John Churchill, premier duc de Marlborough (1650-1722)qui consacra l’essentiel de sa carrière militaire à lutter contre la France. Vainqueur de la bataille de Malplaquet, le 11 septembre 1709, mais grièvement blessé et il était considéré comme mort par les français qui composè¨rent alors cette comptine).
Par extension, “faire des pataquès” consiste à faire des gaffes et désigne aussi un discours inintelligible.
Mais d’ou vient le mot “pataquès” dans cette expression?
Gilles Henry en donne l’origine -pour le moins comique- dans son livre Petit dictionnaire des expressions nées de l’Histoire. Il s’agirait en fait d’une erreur de langage sur la phrase “je ne sais pas à qui est-ce”.
Un soir, au théâtre, un jeune homme est installé dans une loge, à côté de deux femmes du demi-monde peu discrètes et encore moins cultivées mais qui veulent se donner l’air de parler le beau langage en faisant des liaisons. Un éventail tombe à terre. Le jeune homme le ramasse et dit à la première:
- Madame, cet éventail est-il vous?
- Il n’est point-z-à moi.
- Est-il à vous, demande le jeune homme à la seconde?
- Il n’est pas-t-à moi.
- Il n’est point-z-à vous, il n’est pas-t-à vous, mais alors, je ne sais pat-à -qu’est-ce?
“S’il n’est pas sûr que l’histoire soit authentique, elle est néanmoins charmante.” ajoute Gilles Henry.
Il existe aussi l’expression “en faire tout un pataquès” qui signifie “en faire toute une histoire pour peu de chose”. Sans doute cette expression dérive-t-elle de la première. On peut imaginer en effet que la correction d’une erreur de liaison par un tiers avec toutes les explications grammaticales et orthographiques associées pour expliquer le “pataquès” mène vite le fautif à déclarer: “d’accord, d’accord … on ne va en faire tout un pataquès!”.
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mai 16th, 2006 à 12:07
Bonjour,
L’expression "je ne sais pas-t-à qui est-ce" ne serait-elle pas plus juste que l’expression "je ne sais pat-à -qu’est-ce" ?
juillet 11th, 2006 à 17:09
J’ai eu la même réaction lorsque j’ai lu cette plaisanterie la première fois cependant cette blague étant tirée d’un texte d’auteur je ne me suis pas permise de la corrigée d’autorité, d’autant que je l’ai trouvé écrite de la même manière dans tous les livres et les sites que j’ai consulté.
juillet 23rd, 2006 à 13:09
Il serait plus juste, et bien plus correct de dire:faire un galimatias,plutôt que faire un discours dithyrambique, ce dernier mot signifiant: trè¨s élogieux. ce qui n’a rien à voir avec le sujet qui nous intéresse.
juillet 24th, 2006 à 2:23
Nous pouvons effectivement dire que l’on fait un galimatias puisque ce terme désigne un discours embrouillé et confus, cependant cela ne retire rien au fait qu’il soit dithyrambique puisque ce dernier mot signifie aussi: d’un enthousiasme excessif! Il me semble facile d’imaginer quelqu’un se lancer dans un discours enthousiaste et désordonné afin d’exprimer une de ses convictions, au final, “s’emmêler les pinceaux” et n’aboutir qu’à une intervention incompréhensible mais menée avec passion … cela dit, nous n’allons pas en faire tout un pataquès n’est-ce pas?
janvier 31st, 2008 à 13:53
[…] locution se popularisa au point de se retrouver dans la comptine enfantine, pleine de pataquès, “La chanson de Malbrough”: “Malbrough s’en va-t-en guerre, Mironton, […]