Etre couché sur un lit de roses / Etre sur un lit de roses / Etre sur les roses.
Être heureux.
Être dans une situation confortable, être dans l’abondance.
Le mot rose, vers 1460, a pris des sens métaphoriques et figurés induisant une idée de plaisir, d’agrément.
L’expression “Être sur un lit de roses” apparaît en 1665 avec sa signification actuelle: être dans la félicité.
La rose étant la reine des fleurs, elle était très prisée des souverains. Symbole de beauté, de pureté et de délicatesse la rose est très vite associée aux festivités, au plaisir et à l’amour. Une pratique attestée dès l’Antiquité voulait que l’on fabrique un matelas avec des pétales de roses. A ce sujet, la légende dit que Cléopâtre avait fait recouvrir le sol d’un tapis de roses de cinquante centimètres d’épaisseur afin que quiconque s’y couchait était heureux.
La pratique de dormir sur un lit de roses apparaît très tôt dans la littérature, on la retrouve notamment chez Virgile et Sénèque:
- ” Ainsi va le monde. Au vainqueur d’aimer, au vainqueur de posséder dans l’ombre l’objet de ses amours, au vainqueur de dormir sur la rose odorante (1203). Au vaincu de labourer, au vaincu de moissonner, d’être en proie à la peur, et de ne pas savoir oser étendre ses membres sur le sol.”
“Eégies pour Mécène”, Poème attribué à Virgile“
(1203) “Dormir sur la rose odorante”… “Reposer sur un lit de roses” était un voluptueux raffinement des anciens. Cicéron (Verr., V, 10 et 11) nous montre Verrès en sa litière « appuyé sur un coussin d’étoffe transparente et rempli de roses de Malte ». Spartien (Hist. Aug., Aelius Verus, V) rapporte qu’Elius Vérus s’était fait faire un lit formé de quatre gros coussins et rempli de roses. Héliogabale, au dire de Lampride (Hist. Aug., Antoninus Heliogabalus, XIX), faisait parsemer ses lits de roses et de toutes sortes de fleurs. Trébellius Pollion (H. Aug., Gallieni duo, XVI) reproche au premier Gallien de « construire au printemps des chambres à coucher avec des roses » et, si l’on en croit Flavius Vopiscus (H. Aug., Carinus, XVII), Carin ne prenait ses repas que sur des lits garnis de roses de Milan.
- Il ne faut pas de leçons pour se résoudre à coucher, au besoin, sur un lit de roses; mais il en faut pour ne pas trahir sa foi dans les tourments, pour veiller, s’il est nécessaire, au bord du retranchement, blessé quelquefois, et sans s’appuyer sur sa pique, de peur que le sommeil, comme il arrive souvent, ne vous surprenne au repos.
Sénèque, “Lettres à Lucilius”, (XXXVI,4-36) Avantages du repos. Dédaigner les voeux du vulgaire. Mépriser la mort.
Notons que les expressions positives “être sur un lit de roses” et “être couché sur un lit de roses” sont à ne pas confondre avec les expressions négatives suivantes jouant sur l’idée du désagrément lié aux épines des fleurs:
- “Être sur les roses”, locution familière apparue en 1844 et signifiant “être dans une situation fâcheuse”.
- “Envoyer sur les roses” attestée dès 1961 et employée familièrement pour désigner le fait d’”envoyer promener” quelqu’un.
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mai 17th, 2007 à 12:30
Au Mexique cette expression existe aussi, mais elle date, pour nous des temps de la conquéte (vers 1500): L’empereur aztèque Moctezuma avait été fait prisonnier par les espagnols, et soumis à des tortures terribles pour qu’il donne l’emplacement de son fabuleux trésor royal (qui d’ailleurs n’a jamais été trouvé), ainsi que certains membres de sa famille. Il supportait le supplice stoïquement, mais il y avait quelqu’un à ses côtés qui ne cessait d’hurler. Moctezuma se tourna donc, et lui dit: "arrête de te plaindre, tu crois que je suis sur un lit de roses?". Donc, au Mexique, on utilise l’expression "ne pas être sur un lit de roses" pour dire que l’on n’est pas dans une situation confortable ou facile.