Donner dans le panneau / Tomber dans le panneau

Se laisser berner.
Tomber dans un piège.

Le mot panneau vient de panel (1160-1174) lui même issu du latin populaire pannellus dérivé de pannus morceau d’étoffe. Le mot prit sa forme actuelle au cours du XVIe siècle. Il désigne tout d’abord divers objets en tissus, puis un morceau d’étoffe en couture et à partir de 1213 il désigne une surface rigide dans le vocabulaire de la menuiserie, de l’architecture et de la décoration.

En 1285, la chasse s’approprie ce terme pour désigner le piège constitué d’un filet destiné à attraper le gibier. Utilisation qui est à l’origine de l’expression “tomber dans le panneau” ou “donner dans le panneau” lorsque l’on parle de quelqu’un qui se laisse tromper.

Cette expression est popularisée par les auteurs, notamment Jean de La Fontaine qui la cite dans deux de ses fables:

  • L’ Ours et les deux Compagnons” (Livre V - Fable 20)

L’autre, plus froid que n’est un marbre,
Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent;
Ayant quelque part ouï dire
Que l’ours s’acharne peu souvent
Sur un corps qui ne vit, ne meut, ni ne respire.
Seigneur Ours, comme un sot, donna dans ce panneau.

  • L’Oracle et l’Impie” (Livre IV - Fable 19)

“Ce que je tiens, dit-il, est-il en vie ou non?”
Il tenait un moineau, dit-on,
Prêt d’étouffer la pauvre bête,
Ou de la lâcher aussitôt,
Pour mettre Apollon en défaut.
Apollon reconnut ce qu’il avait en tête:
“Mort ou vif, lui dit-il, montre-nous ton moineau
Et ne me tends plus de panneau;
Tu te trouverais mal d’un pareil stratagème.

Notons que la fable de “L’Oracle et l’Impie” est inspirée de la fable n°40 “L’imposteur et Apollon”de Faërne qui lui même l’a reprise de la fable “Le Fourbe” de Esope.

Un fourbe s’&tait engagé envers quelqu’un à prouver que l’oracle de Delphes était menteur. Au jour fixé, il prit dans sa main un petit moineau, et, le cachant sous son manteau, se rendit au temple. Là , se plaçant en face de l’oracle, il demanda si l’objet qu’il tenait dans sa main était vivant ou inanimé. Il voulait, si le dieu répondait ” inanimé “, faire voir le moineau vivant ; s’il disait ” vivant “, présenter le moineau, après l’avoir étranglé. Mais le dieu, reconnaissant son artificieuse intention, répondit: ” Assez, l’homme ; car il dépend de toi que ce que tu tiens soit mort ou vivant”. Cette fable montre que la divinité défie toute surprise.

EsopeLe Fourbe

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1 Réponse à “Donner dans le panneau / Tomber dans le panneau”

  1. FL écrit:

    Je ne connaissais pas votre encyclopédie en ligne sur les expressions. Celle-ci est très bien réussi, beaucoup d’expressions très détaillés, chapeau pour le travail effectué.

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