De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace!

La réussite d’un projet dépend de la persévérance et de l’audace de son concepteur.

L’expression “de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace” est en réalité une phrase historique de Danton.

Georges-Jacques Danton, né le 26 octobre 1759, est orphelin très tôt de son père procureur au bailliage d’Arcis. Gravement accidenté dans sa jeunesse et souffrant de séquelles physiques de la variole, c’est une personne laide, mais un orateur hors pair et de fort caractère. Après des années d’études au petit séminaire, il refuse de devenir ecclésiastique et va à Paris en 1780 où, par tradition familiale, il étudie le droit et s’inscrit au barreau de la capitale. Son mariage, célébré en 1787, avec Antoinette-Gabrielle Charpentier (1760-1793), riche héritière, lui permet de s’établir. Il adoptera les idées nouvelles avec ardeur et s’engagera avec force dans les assemblées révolutionnaires (il sera président du district des cordeliers avant de fonder le club du même nom en 1790). Soupçonné d’avoir été acheté par la famille royale, il participera pourtant avec force au renversement du pouvoir en place, la royauté, au profit d’un pouvoir populaire et deviendra, en 1791, après avoir été substitut du procureur de la Commune, Ministre de la justice et membre du conseil exécutif provisoire. En 1792, il est fait chef du gouvernement insurrectionnel. Il fait face à l’invasion prussienne en empêchant le gouvernement de quitter Paris tout en pratiquant la Terreur. C’est le 2 septembre 1792, à l’Assemblée, lors de son discours civique que Danton prononcera ces paroles devenues célèbres:

“Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l ‘audace et la France est sauvée!”

Fasquelle, “Discours civiques de Danton”, 1920.

Instigateur de la levée en masse et créateur du Tribunal révolutionnaire, membre du Comité de Salut Public, Danton, fatigué de la terreur, prêchera la modération en créant le mouvement des Indulgents en 1793. Malgré sa popularité et son éloquence, il n’échappera pas au jugement de ses détracteurs, dont Robespierre et Saint-Just, et sera guillotiné le 5 avril 1794 en tant qu’ennemi de la République. Il est dit qu’il déclara au bourreau juste avant de mourir: “Sanson, tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine.

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