C’est la croix et la bannière

C’est très difficile.
Se dit lorsqu’il faut surmonter des difficultés pour atteindre un but.
Se dit lorsqu’il y a une multiplication de complexités dans une situation.

Au Moyen-Âge une bannière était l’étendard sous lequel se ralliaient les personnes d’une même armée, d’une même confrérie ou d’une même paroisse. En ce temps où la religion était partie intégrante de la vie sociale et politique, il n’était pas rare de voir défiler des processions à travers toute la ville avec à leur tête la croix du Christ montée au sommet d’une hampe et les étendards de la paroisse ou de la confrérie ainsi que celui en l’honneur de la Vierge.

Ces processions, où les fidèles défilaient en grand apparat, nécessitaient une grande organisation, beaucoup de formalités, de règles à suivre, de respect hiérarchique ou honorifique en fonction de l’importance des personnes et des congrégations présentes ainsi que tout un appareil solennel. De ces difficultés d’entreprise pour arriver au jour de la procession est née vers 1690 l’expression ironique “c’est la croix et la bannière”.

De nos jours cette expression garde le sens d’origine, en soulignant la difficulté d’une entreprise quelconque, ou la multitude d’obstacles que l’on rencontre pour atteindre un but précis mais le caractère ironique a disparu pour laisser la place à la simple expression d’un constat.

A ce sujet Guido Gezelle, poète flamand, a écrit:

Vivre … Ce n’est demander ici-bas ni paix ni trêve. Vivre, c’est porter la bannière de la croix presque dans les mains de Dieu.

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