Avoir du coeur au ventre
Avoir du courage.
Le mot coeur, de l’ancien français cuer et coer, est issu du latin cor, cordis qui signifie organe central de la circulation sanguine. Notons que par une tradition culturelle le foie est le siège des émotions, de la pensée, de la volonté et de la mémoire.
Le mot coeur désigne donc l’organe central de la circulation sanguine puis la poitrine au XIIe siècle et par extension le thorax, dès le XIIIe siècle, comme dans l’expression “avoir mal au coeur” lorsque l’on a envie de rendre.
Furetière dit au sujet du coeur et du ventre:
- VENTRE signifie aussi poitrine et c’est en ceste seconde concavité où est situé le coeur. En ce sens on dit de celuy à qui on oste ce qu’il aime, c’est lui arracher le coeur du ventre, et de celui qu’on a encouragé, on luy a remis le coeur au ventre.
- COEUR, se prend quelquefois pour l’estomac, ou la partie où se fait la digestion, qui donne des forces au coeur. Cette graisse luy est demeurée sur le coeur, s’est figée sur son coeur, luy a fait bondir le coeur, luy a fait mal au coeur, luy a fait soûlever le coeur. il a de la bile dans l’estomac qui luy a fait tirer au coeur toute la nuit. il faut luy donner quelque chose qui luy fasse revenir le coeur, qui luy réveille le coeur, qui fasse cesser cette défaillance de coeur. Les Grecs ont aussi appellé kardia, ce que nous appellons l’estomac, comme a remarqué Scaliger. C’est en ce sens qu’on dit, On luy a remis le coeur au ventre’‘.”
Ainsi “avoir du coeur au ventre” trouve son origine dans l’analogie du coeur et de l’estomac par les contemporains du XVIIe siècle, qui associaient la digestion à la vitalité du coeur. Par l’évolution du langage nous sommes passés de “Mettre du coeur au ventre” (encourager) à “Avoir du coeur au ventre” (être courageux) mais la notion de fierté et de courage reste semblable d’une expression à l’autre: il faut toujours se dépasser pour ne pas être défaillant.
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